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Pourquoi séparer le réseau électrique de l’aqueduc réduit les risques de bris

Sous une rue, chaque réseau partage un espace limité : aqueduc, égouts, électricité, télécommunications, parfois gaz. Plus ces réseaux sont rapprochés, plus chaque intervention devient risquée. Une municipalité ne peut pas toujours déplacer son aqueduc. Mais elle peut mieux planifier ses nouveaux réseaux électriques pour éviter d’ajouter de la pression dans un corridor souterrain déjà fragile.

L’objectif n’est pas de dire que le réseau électrique cause tous les bris d’aqueduc. L’objectif est plus simple : moins on intervient dans le même corridor, moins on multiplie les risques.

Ouvrir la rue n’est jamais banal

Selon Info-Excavation, 62 % des bris déclarés sont liés à des travaux d’égout, d’aqueduc, de rue ou de route. Et 88 % de ces bris entraînent une interruption de service. 

Chaque excavation dans la rue comporte donc un risque. Même lorsqu’un chantier vise le réseau électrique, il se déroule souvent à proximité d’infrastructures essentielles. Dans un corridor dense, une intervention peut rapidement devenir plus complexe, plus longue et plus coûteuse.

L’aqueduc est déjà sous pression

Au Québec, les municipalités gèrent plus de 100 000 km de conduites d’eau potable et d’égout.

Le CERIU estime la valeur de remplacement des infrastructures municipales en eau à 181,1 milliards $. En ajoutant la voirie au-dessus des conduites, cette valeur grimpe à 254,6 milliards $.

Autrement dit : quand on ouvre une rue, on ne touche pas seulement à de l’asphalte. On intervient dans un actif municipal majeur.

Un bris d’aqueduc peut coûter très cher

En juillet 2024, un bris majeur près du CUSM, à Montréal, a entraîné des chirurgies annulées, des ambulances détournées et des rendez-vous reportés.

Dans un secteur industriel, une coupure d’eau peut ralentir ou arrêter certaines opérations. Près d’un hôpital, d’une école, d’une résidence pour aînés ou d’un quartier dense, l’impact peut devenir critique.

Et en cas d’incendie, l’eau est essentielle. Les lignes directrices canadiennes en protection incendie indiquent qu’un réseau doit fournir une quantité suffisante d’eau aux bornes-fontaines, avec une pression minimale dans la conduite de rue.

Séparer les réseaux, c’est réduire les risques futurs

Dans un nouveau développement ou une réfection majeure, la question ne devrait pas seulement être :

Où peut-on faire passer le réseau électrique?

Mais plutôt :

Comment peut-on l’installer sans compliquer l’accès aux autres infrastructures essentielles?

Un réseau électrique mieux positionné, plus accessible et moins intrusif dans la chaussée peut aider à réduire les interventions futures dans le corridor de l’aqueduc. Ce n’est pas une promesse magique. C’est une stratégie de gestion du risque.

Moins d’enchevêtrement. Moins d’excavations. Moins de coûts.

Séparer les réseaux peut aider les municipalités à :

  • réduire les risques de bris accidentels;
  • limiter les interruptions de service;
  • protéger les conduites d’eau existantes;
  • faciliter l’entretien du réseau électrique;
  • réduire les fermetures de rues;
  • diminuer les coûts indirects liés aux travaux;
  • mieux protéger les secteurs sensibles;
  • éviter d’ajouter de la complexité sous la chaussée.

À court terme, tout concentrer dans le même corridor peut sembler plus simple. À long terme, cette approche peut coûter cher. Parce qu’un réseau mal positionné aujourd’hui devient une contrainte pour les 30, 40 ou 50 prochaines années.

Planifier autrement, avant que ça coûte plus cher

Les infrastructures municipales vieillissent. Les budgets sont sous pression. Les interventions dans la rue sont de plus en plus complexes. Dans ce contexte, séparer les réseaux n’est pas un luxe. C’est une décision de planification.

Un réseau électrique mieux intégré et mieux séparé peut contribuer à réduire les risques autour de l’aqueduc, sans avoir à déplacer l’aqueduc lui-même.

Mieux planifier les réseaux électriques aujourd’hui, c’est réduire les risques d’intervention demain.

Sources :

  1. Info-Excavation — Rapport d’activités 2020
    https://www.info-ex.com/wp-content/uploads/2021/03/Rapport-des-activit%C3%A9s-2020-dInfo-Excavation-Final.pdf
  2. Info-Excavation — ORDI / DIRT, prévention des dommages
    https://www.info-ex.com/prevention-des-dommages/ordi-dirt/
  3. Info-Excavation — Éviter les bris d’infrastructures souterraines
    https://www.info-ex.com/prevention-des-dommages/guides-et-outils/eviter-les-bris-dinfrastructures-souterraines-rbq/
  4. CERIU — Portrait des infrastructures en eau des municipalités du Québec
    https://ceriu.qc.ca/article/portrait-infrastructures-eau-municipalites-du-quebec
  5. CERIU — Rapport 2023 du Portrait des infrastructures en eau
    https://ceriu.qc.ca/system/files/2024-03/Rapport-2023-Portrait-des-infrastructures-en-eau-des-municipalites-du-Quebec.pdf
  6. Journal de Montréal — Bris d’aqueduc au CUSM, juillet 2024
    https://www.journaldemontreal.com/2024/07/12/montreal-un-bris-daqueduc-risque-de-compliquer-lacces-au-cusm
  7. SIAI — Ressources en eau pour les secours publics contre l’incendie au Canada https://coteincendie.ca/assets/img/Guide-du-SIAI-Ressources-en-eau-pour-les-secours-publics-contre-l-incendie-au-Canada-Version-preliminaire-2020