Comment intégrer les piédestaux dans l’espace urbain ?

Dans l’espace urbain, les piédestaux prennent la forme de boitiers de diverses grosseurs installés le long des rues, généralement sur les parterres, devant ou autour des maisons. Le présent billet explique à quoi ils servent, comment on peut les dissimuler et en minimiser le nombre.

À quoi servent les piédestaux ?

Les piédestaux servent généralement à effectuer des branchements de clients sur les réseaux d’énergie et les réseaux de télécommunications câblés. Ils sont normalement dédiés soit à l’énergie, soit aux télécommunications. Chacune des entreprises de service public installe ses piédestaux qui sont configurés selon ses normes. Certaines de ces entreprises utilisent aussi des puits de raccordement enfouis de diverses grandeurs, selon les besoins. Cependant, comme le niveau de la nappe phréatique est souvent près du niveau du sol, les équipements installés dans les puits enfouis dans le sol se retrouvent souvent immergés, ce qui implique qu’ils doivent être conçus différemment des appareils utilisés hors-sol afin de demeurer opérationnels même lorsque submergés pour de longue périodes.

Les piédestaux dédiés à l’énergie sont habituellement utilisés pour les réseaux dits souterrains et pour les branchements clients en basse tension. Au Canada, le réseau basse tension est de 120/240V pour le résidentiel et de 347/600V pour les bâtiments plus gros ou commerciaux. Aux États-Unis, la tension résidentielle est aussi de 120/240V, mais celle pour les plus gros bâtiments ou pour les commerces est de 277/480V. Sauf exception, les piédestaux ne servent pas à effectuer des branchements moyenne tension (plus de 700V). On retrouvera de la moyenne tension seulement dans les boitier de transformateurs sur socles qui servent à transformer le voltage de moyenne à basse tension. Les branchements clients peuvent aussi être réalisés dans les boitiers de transformateurs, selon les régions.

Les piédestaux dédiés aux télécommunications peuvent être utilisés soit pour le réseau de câblodistribution, soit pour le réseau de fibre optique (mais parfois aussi pour le vieux réseau de fils de cuivre). Dans chaque cas, les équipements diffèrent, selon que ledit piédestal sert à raccorder des clients ou à créer des embranchements dans les boucles formant le réseau. Chaque réseau a ses caractéristiques propres qui gouvernent le nombre et le type de boitiers requis.

Le réseau de câblodistribution est un réseau de type « actif », signifiant qu’il requiert une alimentation constante en énergie destinée à amplifier le signal dans le câble coaxial. Des banques de batteries sont donc installées à proximité des points de branchement afin d’alimenter le réseau en énergie en cas de panne d’électricité. Les amplificateurs de câblodistribution servent aussi de diviseurs créant des embranchements de distribution radiale, ceci à partir de la boucle réseau. Les câbles servant à réaliser les branchements clients ont une portée maximale d’environ 60 mètres, ce qui explique le nombre de piédestaux requis.

Le réseau de fibre optique est un réseau de type « passif », signifiant qu’il ne requiert pas d’être alimenté par une source d’énergie à proximité des points de branchement pour les clients. Il n’y a pas non plus de besoin pour des amplificateurs pour renforcer le signal optique qui permet de situer les points de branchement jusqu’à 150 mètres des clients. Le réseau de fibre optique requiert cependant l’installation de points de répartition locaux qui permettent d’acheminer radialement le signal des centaines voire des milliers de clients.

Les branchements clients peuvent se faire avec plusieurs types de câbles de fibres optiques. Le nombre de fibres dans un câble peut varier de une seule à plusieurs milliers de fibres dans le même câble nécessitant plusieurs types d’équipement d’interconnexion. Le branchement d’un client peut se faire au moyen d’un connecteur ou en fusionnant sa fibre au réseau de fibres local. La fusion de fibres optiques requiert des équipements sophistiqués utilisés dans un environnement contrôlé, soit en atelier, soit dans un camion aménagé spécialement à cette fin.

Le réseau de câblodistribution est en fait raccordé à un réseau de fibre optique en amont, c’est seulement à proximité des clients qu’il existe afin de réaliser la fonction de répartition et de branchement. On retrouve donc des « nœuds optiques » à la tête des réseaux locaux de câblodistribution.

Les piédestaux servent donc aux réseaux filaires de télécommunications principalement et les équipements qu’ils contiennent ne sont généralement pas conçus pour une installation dans le sol. Ils ne servent habituellement pas pour les réseaux sans fil, tel que le réseau cellulaire. Les réseaux sans fil, cellulaire, Wi-fi et autres utilisent plutôt des antennes qui elles peuvent requérir des boitiers d’alimentation à proximité. On retrouve généralement ces antennes sur les rues commerciales ou collectrices, bien qu’elles seront de plus en plus présentes dans les zones résidentielles avec l’arrivée imminente du réseau 5G qui d’interconnecter tous les réseaux avec les infrastructures, les véhicules, les bâtiments et les personnes en temps réel. Les boitiers seront alors plus petits mais beaucoup plus nombreux et partout.

 

Comment dissimuler les piédestaux ?

Par ailleurs, afin d’installer un piédestal sur un terrain privé, une servitude doit être levée et notariée, ce qui implique des délais et des frais aux constructeurs de maisons. Une façon d’éliminer le besoin de lever des servitudes serait d’installer les piédestaux dans l’emprise publique qui longe la rue ou le trottoir le cas échéant, soit là où les lampadaires sont installés. Cependant, ceci a pour effet de rendre lesdits piédestaux encore plus visibles. Pour cette raison, cette solution est généralement écartée.

Une autre façon de dissimuler les piédestaux consiste à réaliser les branchements dans un mobilier urbain quelconque qu’on planifie installer à proximité des clients à raccorder. Le seul problème est que, comme on a besoin de nombreux piédestaux, on peut difficilement imaginer du mobilier urbain qu’on pourrait justifier d’installer à autant d’endroits, sauf peut-être les lampadaires qu’on retrouve à environ tous les 30 à 40 mètres le long des rues.

Les lampadaires sont fréquemment installés environ à toutes les quatre maisons, dans un secteur résidentiel avec des maisons unifamiliales et environ toutes les huit logements dans les rues résidentielles avec des maisons de ville. Pour que les piédestaux soient intégrés aux lampadaires, ceux-ci doivent pouvoir assurer le branchement de tous les services à toutes les maisons ou logements environnant. Donc assurer de 4 à 8 branchements, préférablement énergie et télécom par lampadaire.

C’est bien ce que permet la Borne de raccordement conjointe (BRC) conçue par MCM Intégration. Ce concept permet de réaliser 4 à 8 branchements énergie et télécom dans la partie inférieure d’un lampadaire. Bien que la BRC de MCM ne puisse pas tout faire, elle peut en faire beaucoup pour minimiser le nombre de piédestaux requis le long d’une rue résidentielle ou commerciale. Utilisée avec succès au Canada depuis 2005, on en compte aujourd’hui environ 3500 installés dans une cinquantaine de municipalités dans la région de Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau.

La BRC de MCM a fait ses preuves en tant que solution à la fois effective, ergonomique et est concurrentielle au niveau des coûts avec l’approche conventionnelle utilisant des piédestaux non intégrés.